Cinquième prédication de Carême : s’ouvrir à l’action du Saint Esprit

Le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., prédicateur de la Maison pontificale, a donné sa cinquième prédication de carême sur le thème « Orient et Occident face au mystère du salut ». Après étudié comment les latins et les grecs voient les mystères de la Sainte Trinité, de la personne du Christ et de l’Esprit Saint, il termine ce cycle de conférences par « le problème du salut ». Il s’agit donc ici d’analyser « comment l’orthodoxie et le monde latin ont compris le contenu du salut chrétien ». Le P. Cantalamessa met d’abord l’accent sur la différence la plus communément mentionnée : « Le but de la vie visé par les chrétiens grecs demeure la divinisation. Celui que poursuivent les chrétiens d’Occident est l’acquisition de la sainteté ». Ainsi, de manière générale, on considère que « l’Orient a reçu l’élément positif du salut : la déification de l’homme et le rétablissement de l’image de Dieu ; l’Occident a reçu l’élément négatif, la délivrance du péché. ». Cependant, pour le P. Cantalamessa, ce ne sont pas sur ces points que portent les principales différences, mais plutôt sur la compréhension du péché originel. En effet,  « pour les orientaux, le péché originel n’a jamais été vu comme une vraie « faute » héréditaire, mais comme la transmission d’une nature blessée et encline au péché. ». Ainsi, « pour les orientaux le but principal du baptême n’est pas d’enlever le péché originel, mais de délivrer l’homme de la puissance du péché en général,bapteme de restaurer l’image de Dieu que l’on a perdue et d’insérer la créature dans le nouvel Adam qu’est le Christ. ». Pour les latins, la doctrine de St Augustin sur le péché originel a « fait en sorte que le baptême apparaisse essentiellement comme une délivrance du péché originel, si bien que l’aspect négatif qui consiste à délivrer du péché originel, a toujours pris le dessus sur l’aspect positif du don de l’Esprit Saint. » Ainsi, pour le P. Cantalamessa, il y a une « asymétrie de fond entre la conception du salut orientale et occidentale : en Orient, la théologie, la spiritualité et la mystique sont unies ; on ne conçoit pas une théologie qui ne soit pas également mystique, c’est-à-dire expérientielle. Ce n’est pas le cas en Occident où il y a une néfaste séparation entre la théologie et la spiritualité ».

Comme dans ses autres prédications, le P. Cantalamessa a ensuite mis en évidence la complémentarité des points de vue orientaux et occidentaux. Pour lui, « si la doctrine orientale, avec sa très haute idée de la grandeur et de la dignité de l’homme à l’image de Dieu, a mis en lumière la possibilité de l’incarnation, la doctrine occidentale, en insistant sur le péché et sur la misère de l’homme, a mis en lumière sa nécessité. […] Les deux instances sont toutes deux légitimes et nécessaires ». Cependant, en « accentuant l’abondance du péché pour exalter la surabondance de la grâce », « cette dernière a pratiquement fini par se réduire à sa seule dimension négative de remède au péché », créant une « lacune dans la doctrine occidentale du salut ». Le P. Cantalamessa relève alors que « c’est sur ce point précisément que l’on assiste depuis longtemps maintenant à un changement historique » à travers le renouveau charismatique. Reprenant les paroles de Paul VI, il explique que lui-même voit ce holy_spirit_as_dove_detailmouvement comme « une chance pour l’Église ». Pour lui, en effet, ce mouvement « permet de remonter la pente et de rendre au salut chrétien le riche et exaltant contenu positif, résumé dans le don de l’Esprit Saint. La vie chrétienne retrouve son but principal qui est, comme disait Saint Séraphin de Sarov, « l’acquisition du Saint-Esprit de Dieu ». Et il insiste : dans ces mouvements, « même l’image qu’on donne de la vie chrétienne est différente : il s’agit d’un christianisme joyeux, contagieux, qui n’a rien du sombre pessimisme que Nietzsche lui reprochait. ». En conclusion, il a encouragé à accueillir ce courant de grâce : « il ne s’agit pas d’adhérer à ce mouvement – ou à aucun mouvement –, mais de s’ouvrir à l’action de l’Esprit, quelles que soient les conditions de vie dans lesquelles on se trouve. »

Être joyeux et rester ouvert à l’action du Saint Esprit ? Une bonne piste pour bien vivre notre Semaine Sainte et accueillir la joie de Pâques.

Vous pouvez retrouver le texte intégral de cette prédication en cliquant ici.

Deuxième prédication de Carême: l’adoration pour entrer dans le mystère de la Sainte Trinité

Ce vendredi 6 mars 2015, le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., a donné sa deuxième prédication de Carême. Le thème portait sur « Orient et Occident face au mystère de la Trinité ». Tout d’abord, le P. Cantalamessa a rappelé les nombreux fondements de la foi communs aux catholiques et aux orthodoxes. Pour lui, il faut « cesser d’insister sur les différences pour partager ce que nous avons en commun et qui nous unit ». Et « ce changement de perspective » permet de « voir les différences doctrinales, non plus comme une erreur de l’autre, mais comme quelque chose qui est compatible avec notre position, voire souvent, comme un enrichissement pour chacun. »
C’est avec ce nouveau regard que le P. Cantalamessa s’est intéressé au mystère de la LA-SAINTE-TRINITESainte Trinité. Il rappelle d’abord « les deux manières d’exprimer ce mystère : les grecs partent des personnes divines, c’est-à-dire de la pluralité, pour arriver à l’unité de nature; inversement, les latins partent de l’unité de la nature divine, pour arriver aux trois personnes. » Il relève que, bien que ces deux manières de voir soient légitimes, « aujourd’hui l’on tend de plus en plus à préférer le modèle grec ». Dans ce modèle, « le Père est la source, l’origine absolue du mouvement d’amour. Le Fils ne peut exister comme Fils s’il ne reçoit pas avant tout du Père tout ce qu’il est. Le Père est le seul au sein de la Trinité, absolument le seul, à ne pas avoir besoin d’être aimé pour pouvoir aimer. Seulement dans le Père se réalise la parfaite équation: être c’est aimer; pour les autres personnes divines, être c’est être aimé. » Cela ne veut pas dire pour autant qu’il faut « renier le modèle latin qui a garanti le contenu de fonds et l’âme, qui est l’amour. » Ainsi, pour le P. Cantalamessa, « la foi chrétienne a besoin que les deux voies d’accès au mystère trinitaire restent ouvertes et viables. L’Église a besoin d’accueillir pleinement l’approche de l’Orthodoxie à la Trinité dans sa vie intérieure ; elle a besoin de tenir compte de l’approche latine dans sa mission évangélisatrice au dehors. » En effet, il semble difficile de « commencer l’évangélisation en parlant des trois personnesSaint Sacrement divines ». Au contraire, l’expérience de l’annonce montre que le langage de l’amour est le mieux adapté pour « aider les hommes d’aujourd’hui à se faire une idée de la Trinité […] L’amour est « communion » et « relation » ; il n’existe pas d’amour entre moins de deux ou trois personnes. Tout amour est le mouvement d’un être vers un autre être, accompagné du désir d’union. »
Au terme de son enseignement, le P. Cantalamessa relève que « en dépit de tous nos efforts, nous ne pouvons pas « comprendre » le mystère de la Trinité, mais nous pouvons faire quelque chose d’encore plus beau : entrer en elle ». Pour cela, il faut pousser la porte de l’adoration où catholiques et orthodoxes se retrouvent. Pour le P. Cantalamessa :     

« Adorer c’est reconnaître que Dieu est Dieu et nous des créatures de Dieu. C’est « reconnaître l’infinie différence de qualité entre le Créateur et la créature » ; mais la reconnaître librement, joyeusement, en enfants et non en esclaves. »

L’adoration pour entrer dans la Trinité et faire expérience de Dieu ? Et si c’était une des pistes à suivre pour notre Carême ?

Le texte intégral de cette deuxième prédication est accessible ici.

Première prédication de Carême : la joie de l’Évangile remplit le cœur!

Le prédicateur de la Maison Pontificale, le Père Cantalamessa, ofm cap., a proposé ce 27 février 2015 sa première méditation de Carême. Cette année, les méditations portent sur le thème « Deux poumons, une seule respiration. Orient et Occident unis dans la profession de la même foi ». Pour sa première prédication, le P. Cantalamessa s’est appuyé sur l’exhortation apostolique Evangelii gaudium (la joie de l’Évangile)  du pape François, et a axé sa réflexion sur le thème  « La joie de l’Évangile remplit le cœur et la vie ». Il développe différents aspects.

Tout d’abord, le P. Cantalamessa rappelle que l’évangélisation est l’affaire de tous les baptisés et revient sur « l’appel lancé par le Pape François aux lecteurs au début de son exhortation apostolique » :

« J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. »

Pour lui, en effet, cet appel représente l’originalité d’Evangelii Gaudium, car cela signifie que « le but ultime de l’évangélisation ne repose pas sur la transmission d’une doctrine, mais sur la rencontre avec une personne vivante, Jésus Christ. » Ensuite, le P. Cantalamessa rappelle qu’il y a « un lien entre la rencontre personnelle avec Jésus et l’expérience de joie de l’Évangile. La joie de l’Évangile ne s’expérimente qu’en établissant une relation intime, de personne à personne, avec Jésus de Nazareth. » Et il s’interroge : « pourquoi l’Évangile serait-il source de joie ? ». Pour répondre à cette question, il reprend les paroles de Jésus : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc, 1, 14-15). Pour le P. Cantalamessa, il faut revenir au sens premier de ces paroles. Et il explique : « Avant Jésus, la conversion est vue comme une condition pour gagner le salut. […] Mais dans la bouche de Jésus, la signification morale passe en second plan. […] Se convertir c’est prendre la « décision de l’heure », face à la réalisation des promesses de Dieu. « Convertissez-vous et croyez » n’indique donc pas deux choses différentes et successives, mais la même action : convertissez-vous, c’est-à-dire croyez; convertissez-vous en croyant ! Conversion et salut se sont échangés les places. Ce n’est plus : « Convertissez-vous et vous serez sauvés », mais plutôt : « Convertissez-vous parce que le salut est venu à vous ». » Ainsi, pour le P.Joie-de-l-Evangile Cantalamessa la raison pour laquelle l’Évangile est source de joie c’est qu’Il « nous parle d’un Dieu qui, par pure grâce, est venu à notre rencontre en son Fils Jésus. » Bien sûr, cela ne signifie pas pour autant que « nous devions négliger les œuvres » car  « s’il est vrai que nous ne serons pas justifiés par elles, nous ne serons pas sauvés sans elles ». Le P. Cantalamessa relève alors que « le croyant n’est pas laissé seul aux prises avec les exigences de la loi et du devoir ; car Dieu lui-même fait en lui et avec lui ce qu’Il lui ordonne. »

Pour terminer, citant le pape François, le P. Cantalamessa explique le lien étroit entre la foi et les œuvres en reprenant l’exemple de la respiration humaine :

« Elle se produit en deux temps : d’abord l’inspiration qui permet de recevoir l’air, puis l’expiration qui permet de l’expulser. C’est ce qui doit se passer dans l’organisme spirituel. Nous inspirons l’oxygène qui est l’Esprit Saint en priant, en méditant la parole de Dieu, par les sacrements, la mortification, le silence ; nous répandons l’Esprit quand nous allons vers les autres, quand nous annonçons la foi et faisons œuvre de charité. »

Deux belles pistes pour bien débuter ce Carême !

Le texte intégral de la prédication est accessible ici.

Troisième prédication de l’Avent : Paix sur la terre aux hommes que Dieu aime!

Ce vendredi 19 décembre 2014, le P. Raniero Cantalamessa a proposé sa troisième et dernière prédication de l’Avent sur le thème « la paix, fruit de l’Esprit ». Tout d’abord, il rappelle les fruits de l’Esprit : « amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, fidélité, douceur et maîtrise de soi » (Gal 5, 22) ». Ces fruits, contrairement aux charismes et aux dons, sont « les mêmes pour tous » et « le résultat d’une collaboration entre la grâce et la liberté » de l’homme. Pour le P. Cantalamessa, « la paix – fruit de l’Esprit – est la paix du cœur ». Il s’agit donc « d’une manière d’être habituelle, l’état d’âme et le mode de vie de celui qui, à force de vigilance et d’attention, finit par atteindre une certaine paix intérieure ».

Approfondissant sa méditation, le P. Cantalamessa met en lumière la recherche de la paix intérieure dans la tradition spirituelle de l’Eglise. Il rappelle ainsi que, pour les Pères de l’Eglise, « la recherche de la paix intérieure se traduit dans l’idéal de la tranquillité ; […] pas une tranquillité vide et constituant une fin en soi, mais une tranquillité pleine, semblable à celle des bienheureux, une manière de commencer à vivre ici-bas l’état des bienheureux dans le ciel », ce qui passe par une vie contemplative. Il explique ensuite que d’autres chemins, « accessibles à ceux qui ont une vie active », ont été développés. Il rappelle alors l’idée centrale proposée par Saint Augustin : « la paix intérieure dépend de notre adhésion à la volonté de Dieu ». Cette idée a par la suite été reprise et développée de différentes manières dans l’Église, ouvrant des pistes plutôt mystiques ou ascétiques. Cependant, pour le P. Cantalamessa, ces pistes ne sont pas les seules et « la spiritualité moderne met l’accent sur d’autres moyens plus positifs pour conserver la paix intérieure ». Il en cite deux : « la confiance en Dieu » et « la certitude que Dieu nous aime ». Reprenant la Parole de Dieu, il rappelle le message des anges aux bergers lors de la naissance de Jésus : « Paix sur la terre aux hommes, que Dieu aime », ce qui se traduit littéralement par : « Paix sur la terre aux hommes, objets de la bienveillance de Dieu » (Lc 2, 14). Pour le P. Cantalamessa, cette bienveillance de Dieu est « offerte à tous sans exception ». Et il nous invite en ce temps de Noël à redécouvrir « la force, la nouveauté, que contenaient ces paroles, quand elles furent proclamées pour la première fois ! ». Pour lui :

« Nous devons revenir en arrière, avoir une nouvelle oreille, celle des bergers, qui furent les premiers à entendre et se mirent en voyage sur le champ ».

Le texte intégral de cette prédication est accessible ici.

Saint et Joyeux Noël à tous !

Deuxième prédication de l’Avent : en toutes choses, la charité

Le P. Cantalamessa a donné sa deuxième prédication de l’Avent ce vendredi 12 décembre 2014 sur le thème « Heureux les artisans de paix car ils seront appelés Fils de Dieu » (Mt 5, 9). Dans cette prédication, il a proposé a proposé une « réflexion sur la paix comme devoir et engagement à accomplir ». Partant de l’extrait de l’Évangile cité plus haut, le P. Cantalamessa a tout d’abord rappelé que « nous sommes appelés à suivre l’exemple du Christ, en devenant des canaux qui fassent arriver la paix de Dieu jusqu’à nos frères. » Pour lui, « les artisans de paix sont des personnes qui œuvrent pour la paix, qui aident des ennemis à se réconcilier et qui font, eux-mêmes, le premier pas pour se réconcilier. »  Il développe ensuite sa pensée selon trois axes.

Le premier est consacré à une comparaison approfondie entre la paix de Jésus et celle de César Auguste. D’après le P. Cantalamessa, la différence est fondamentale. Il remarque que « la paix de Jésus, comme celle de César, est une « paix fruit de victoires », mais il s’agit de victoires sur soi et non sur les autres, de victoires spirituelles, et non militaires. » Pour lui, « la situation du monde actuel réclame que l’on change la méthode d’Auguste par celle du Christ ». Et il donne une piste très simple pour devenir artisan de paix : « prier pour la paix », car « quand il n’est plus possible d’agir sur les « causes secondes », nous pouvons toujours, par la prière, « agir sur la Cause Première ». »

StFrancoisPaxLe second axe développé concerne la paix entre les religions, « un nouveau champ de travail, difficile et urgent ». Différentes raisons permettent d’envisager un «  dialogue inter-religieux  loyal  » : la première repose sur « le fait que nous avons tous un seul Dieu ». La deuxième, d’ordre théologique, s’appuie sur notre foi en l’Esprit saint car ce dernier  « est le lien de paix qui unit entre eux les baptisés des différentes confessions chrétiennes ; de plus, comme Esprit créateur, il est un lien de paix entre les croyants de toutes les religions, voire entre tous les hommes de bonne volonté. »

Le dernier aspect concerne l’action pour la paix proprement dite. Pour le P. Cantalamessa, « il faut penser à la paix mondiale, mais agir pour la paix au niveau local. ». Nous devons travailler à gommer les « divisions qui existent souvent entre les membres de notre Église catholique, à cause de traditions, tendances ou rites différents ». Il rappelle alors Saint Augustin : « Il existe deux cités dans le monde : la cité de Satan, appelée Babylone, et la cité de Dieu, appelée Jérusalem. L’une est construite sur l’amour de soi, l’autre sur l’amour de Dieu. » Ainsi, pour le P. Cantalamessa, «  toute initiative est « Babel » si l’on s’en sert pour se faire un nom ; elle est « Pentecôte » si, en dépit du sentiment naturel de réussir et de recevoir une approbation, on rectifie constamment sa propre intention, en plaçant la gloire de Dieu et le bien de l’Église au-dessus de tous ses désirs personnels. » Et il conclut par cette maxime :

« Dans les choses nécessaires, l’unité ; dans les choses douteuses, la liberté ; mais en toutes choses, la charité. »

Le texte intégral de cette prédication est accessible ici.

Bonne méditation et bonne route de l’Avent !

Première prédication de l’Avent : quelle image avons-nous de Dieu le Père ?

Le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., prédicateur de la Maison Pontificale, a commencé ses méditations de l’Avent sur le thème « Paix sur terre aux hommes que Dieu aime (Lc, 2, 14) ». Le premier volet a porté sur le sujet « Je vous donne ma paix (Jn 14,27). La paix comme don de Dieu en Jésus Christ. ».

Le P. Cantalamessa rappelle tout d’abord que « toutes les promesses de paix de Dieu s’accomplissent en Jésus Christ », selon ce que « le prophète Michée avait prédit :  Lui-même, il sera la paix ! (Mi 5,4) ». Et il s’interroge : « est-ce par sa simple venue sur terre que Jésus a rétabli la paix entre le ciel et la terre ? ». S’appuyant sur un extrait de la lettre de Saint Paul aux Romains (Rm 3, 21 – 26), il explique que « la paix vient de la justification par la foi et la justification par la foi vient de la croix du Christ. ». Il approfondit alors sa méditation et précise que « si la paix vient de la croix du Christ, elle n’est en pas issue ». En effet, elle trouve « sa source ultime dans la Trinité », puisque « le mot « Paix » est un des noms propres de Dieu. ». Enfin, dans la dernière partie de sa prédication, il montre « comment cette paix doit changer peu à peu nos rapports avec Dieu. ». Méditant sur « l’image déformée que se fait l’homme de Dieu  » et qui est à la source de son éloignement de la foi, il explique que « le Saint Esprit nous enseigne à porter sur Dieu un autre regard. […] Il nous le fait découvrir comme un allié et un ami, comme celui qui n’a pas gardé son Fils jalousement pour lui-même, mais a fait le grand sacrifice de le donner pour nous tous ; bref, comme un Père très tendre. L’Esprit Saint nous communique le sentiment que Jésus avait du Père. Naît alors le sentiment filial qui se traduit spontanément par le cri: Abba, Père. […] Le fils a pris la place de l’esclave, l’amour celui de la crainte. C’est ainsi que nous sommes vraiment réconciliés avec Dieu. ».

Et le Père Cantalamessa de conclure son intervention avec cette question :

« Quelle idée de Dieu le Père avons-nous dans notre cœur ? Celle du monde ou bien celle de Jésus ? ».

Bonne méditation ! Bonne route vers Noël!

Le texte intégral est accessible ici. Une synthèse détaillée est proposée .

Cinquième prédication de Carême : la Parole de Dieu : un coup de tonnerre à briser les cèdres du Liban

Ce vendredi, le P. Cantalamessa, ofm cap., a donné sa cinquième et dernière prédication de Carême. Elle porte sur le thème « Saint Grégoire Le Grand et l’intelligence des Écritures ». Il s’agit ici de réfléchir à la manière dont les Pères de l’Église lisaient et méditaient la Parole de Dieu en s’appuyant sur les écrits du pape Saint Grégoire le Grand. Tout d’abord, le P. Cantalamessa rappelle que l’Église « La Parole de Dieuaffirme que l’on fait dans l’Écriture l’expérience de la présence de l’Esprit Saint, que le Christ nous parle encore, […] et qu’il ne peut donc pas s’agir d’une simple parole humaine. » Il cherche ensuite à voir comment les Pères de l’Église peuvent nous aider à mieux « côtoyer la Bible » pour « expérimenter la force divine qui s’en dégage ». Pour cela, le P. Cantalamessa explique que « les Pères approchaient la Parole de Dieu en se posant toujours la question : que dit-elle, ici et maintenant, à l’Église et à moi personnellement ?» et qu’ « ils étaient convaincus que  – en plus de son contenu objectif de révélation qui s’impose à tous et en tout temps – l’Écriture a toujours des nouvelles lumières à donner et des volontés de Dieu à montrer personnellement à chacun. » Ainsi, pour le P. Cantalamessa, « les Écritures ne renferment pas seulement la pensée de Dieu fixée une fois pour toutes ; elles renferment le cœur de Dieu et sa vivante volonté qui t’indique ce qu’elle veut de toi à un moment donné, et peut-être uniquement de toi. » Insistant sur cet aspect et citant Saint Ambroise, il explique que « l’Écriture est  non seulement « inspirée par Dieu », mais aussi qu’elle « exhale Dieu ». […] Il ne s’agit donc pas seulement de lire la parole de Dieu, mais de se faire lire aussi par elle; pas seulement de scruter les Écritures, mais de se laisser scruter par elles. » Enfin, le P. Cantalamessa a conclu son intervention en montrant l’importance de ces différents aspects dans la préparation d’une prédication. Pour lui, l’orateur doit « d’abord se mettre à genoux » pour recevoir « la Parole que le Seigneur souhaite donner à son peuple, « puis s’asseoir à une table » pour étoffer son enseignement. C’est alors que cette parole reçue s’avère « un coup de tonnerre à briser les cèdres du Liban ».

Une piste supplémentaire pour bien vivre notre Semaine Sainte!

L’intégralité de la prédication du P. Cantalamessa est accessible ici. 

Quatrième prédication de Carême : il est possible d’avoir Jésus pour ami

Le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., a donné vendredi sa quatrième conférence de Carême sur le thème « Saint Léon le Grand et la foi en Jésus-Christ vrai Dieu et vrai homme ». Dans cette conférence, il s’intéresse à la personne de Jésus et au mystère du Christ qui ont été au cœur des préoccupations de Saint Léon le Grand, Pape et Père de l’Église. Il rappelle ainsi le « dogme christologique, c’est-à-dire les vérités fondamentales sur le Christ, définies dans les premiers conciles œcuméniques, surtout celui de Chalcédoine, et qui se réduisent, dans leur substance, aux trois piliers suivants : Jésus-Christ est vrai homme, il est vrai Dieu, il est une seule et même personne.JesusStJean » Le P. Cantalamessa explique ensuite que c’est sur ces piliers que repose toute la doctrine du salut, et approfondissant sa méditation, il cherche à « faire une application concrète pour la vie personnelle et la foi actuelle de l’Église ». Il s’agit alors d’atteindre le Jésus « « réel » qui se trouve au-delà de l’histoire et derrière la définition ». Et « cette connaissance du Christ nous est donnée par le Saint Esprit qu’Il a lui-même envoyé ». Pour le P. Cantalamessa, il faut « réveiller le dogme » et, partant du troisième point, « Jésus est une seule et même personne », il conclut : « Dire que Jésus est « une personne » , c’est aussi dire qu’il est ressuscité, qu’il vit, qu’il est devant moi, que je peux le tutoyer comme lui me tutoie. […] Il est donc possible d’avoir Jésus pour ami car, étant ressuscité, il est vivant, il est près de moi, je peux me rapporter à lui comme un vivant se rapporte à un vivant. […] Hélas, on pense rarement à Jésus comme à un ami et à un confident. On oublie qu’étant, comme dit le dogme, « vrai homme », il possède à son plus haut degré le sentiment d’amitié qui est une des qualités les plus nobles de l’être humain. Jésus désire cette relation avec nous. Dans son discours d’adieu (Jn 15, 15), il dit: « Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ; je vous appelle mes amis ». […] Maintenant que Jésus est ressuscité et n’est plus sujet aux limites de la chair, il offre à tout homme et toute femme la possibilité de l’avoir pour ami, au sens le plus fort du mot.»

Le texte intégral de cette prédication est accessible ici.

Troisième prédication de Carême : faire de notre vie un don d’amour

Le P. Cantalamessa, ofm cap., a donné ce vendredi sa troisième méditation de Carême sur le thème « Saint Ambroise et la foi en l’Eucharistie », rappelant que ce Père de l’Église est « celui qui, plus que quiconque, a contribué à l’affirmation de la foi dans la présence réelle du Christ dans l’Eucharistie ». Le P. Cantalamessa a ensuite axé sa méditation sur le lien entre l’Eucharistie et la tradition juive, relevant que « le nom même d’Eucharistie n’est que la traduction du mot Berakha, la prière de bénédiction et remerciement faite durant le repas ». Approfondissant cet aspect, il explique que « le STSacrite suivi par Jésus en instituant l’Eucharistie, accompagnait tous les repas des Juifs, mais prenait une importance particulière dans les  repas en famille le samedi et les jours fériés. ». Le P. Cantalamessa s’interroge alors sur « notre place dans le drame à la fois humain et divin » que constitue le dernier repas de Jésus.  Pour lui, « c’est pour nous impliquer dans son action, que Jésus a fait de son don un « sacrement » ». Et le P. Cantalamessa d’expliquer : « dans l’Eucharistie se produisent deux miracles : l’un est celui qui transforme le pain et le vin en corps et sang du Christ, l’autre est celui qui fait de nous « un sacrifice vivant qui plaise à Dieu », qui nous unit au sacrifice du Christ, comme acteurs, et pas seulement comme spectateurs. A l’offertoire nous avons offert le pain et le vin qui n’avaient pour Dieu ni valeur ni signification en soi. Maintenant, dans la consécration, c’est le Christ qui met cette valeur que moi je ne peux pas mettre dans mon offrande. ». Pour le P. Cantalamessa, cela a une conséquence concrète pour nous : « en sortant de la messe, nous devons faire nous aussi de notre vie un don d’amour au Père et pour nos frères. Nous devons dire nous aussi, mentalement, à nos frères: « Prenez et mangez ; ceci est mon corps ». Prenez mon temps, mes capacités, mon attention. […] Je veux faire de toute ma vie une eucharistie ».

Une bonne piste pour bien poursuivre notre Carême!

Le texte intégral de cette troisième méditation est accessible ici.

Deuxième prédication de Carême : conservez la charité, aimez la vérité et vous gagnerez l’éternité

Ce vendredi 21 mars, le P. Raniero Cantalamessa, ofm cap., prédicateur de la maison pontificale a poursuivi ses méditations sur le thème « Sur les épaules de géants – Les grandes vérités de notre foi contemplées avec les Pères de l’Église Latine ». Ce second volet s’appuie sur Saint Augustin, Docteur de l’Église, et s’intitule « Je crois en l’Église une et sainte ». La réflexion porte sur les thèmes de la grâce, de l’Église, des sacrements et de l’Écriture. Le P. Cantalamessa rappelle d’abord les pensées de Saint Augustin sur l’Église. Il s’intéresse ensuite à la manière dont « les idées d’Augustin sur l’Église peuvent éclairer les problèmes auxquels celle-ci est confrontée aujourd’hui », en particulier le dialogue œcuménique. Pour le P. Cantalamessa, « les pas les plus concrets vers l’unité ne sont pas ceux que l’on fait autour d’une table ; ce sont ceux que l’on fait quand les croyants de différentes confessions, tout en professant leur loyauté à leur propre Église, se retrouvent pour proclamer ensemble, dans une entente fraternelle, le Seigneur Jésus, partagent chacun leur charisme et se reconnaissent comme des frères en Jésus Christ. ». Le P. Cantalamessa insiste de plus sur l’importance de la charité dans l’unité : « nous n’avons plus de raison de nous regarder avec envie et jalousie les uns les autres. […] Car si tu tiens par le cœur à l’ensemble de l’Église, tu partages avec ceux qui les possèdent les dons de l’Esprit de Dieu. ». Et il conclut sa prédication avec cette exhortation de Saint Augustin :

« Si vous voulez vivre de l’Esprit Saint, conservez la charité, aimez la vérité et vous gagnerez l’éternité. »

Le texte intégral de la prédication est accessible ici.