Le Saint Sacrement et le Sacré Cœur : deux fêtes pour ne pas oublier l’Amour de Dieu

La solennité du Saint Sacrement, autrefois appelée fête Dieu ou solennité du Corpus Domini (littéralement ‘Corps du Seigneur’), est célébrée le deuxième dimanche après Pentecôte. Instituée au Moyen Âge, elle fait mémoire – et nous verrons combien ce mot est important ici – de la présence réelle de Jésus dans le sacrement de l’Eucharistie. Arrêtons-nous un instant ici et contemplons ce mystère avec émerveillement : Jésus le Christ, le Verbe de Dieu, est réellement présent dans ce tout petit bout de pain. Lorsque nous communions, nous recevons Dieu, nous touchons Dieu ! Le tout autre devient le tout proche, l’Amour parfait rejoint notre humanité imparfaite. Oui, il est réellement en nous en attendant que nous soyons en lui après notre mort corporelle. Quel mystère ! De quel amour sommes-nous aimés ? En avons-nous conscience ? Cette fête nous le rappelle et c’est l’un des aspects les plus importants relevés par le Pape François dans son homélie de dimanche dernier.

En effet, nous dit le Saint Père, « le thème de la mémoire revient plusieurs fois : ‘Souviens-toi de la longue marche que le Seigneur ton Dieu t’a imposée […] N’oublie pas le Seigneur ton Dieu, […] qui t’a donné la manne’ (cf. Dt 8, 2.14.16) dit Moïse au peuple. ‘Faites ceci en mémoire de moi’ (1Co 11,24) – nous dira Jésus. Le ‘pain vivant descendu du ciel’ (Jn 6,51) est le sacrement de la mémoire qui nous rappelle, de manière réelle et tangible, l’histoire d’amour de Dieu pour nous. » Ainsi, pour le pape, « la Parole divine » nous dit à chacun en cette fête « souviens-toi ! » Car « notre histoire personnelle se fonde dans le souvenir de tout ce que le Seigneur a fait pour nous. Se souvenir est ainsi essentiel pour la foi, comme l’eau pour une plante. […] La mémoire est importante, car elle nous permet de demeurer dans l’amour, de se souvenir, c’est-à-dire de porter dans le cœur, de ne pas oublier celui qui nous aime et que nous sommes appelés à aimer. » Pourtant, notre vie est « parfois morcelée » et en « brûlant les souvenirs et en vivant dans l’instant, on risque de rester à la surface, dans le flux des choses qui se succèdent, sans aller en profondeur, sans cette épaisseur qui nous rappelle qui nous sommes et où nous allons. » C’est pour cela que la solennité du Saint Sacrement revêt une grande importance car « elle nous rappelle que, dans le morcellement de la vie, le Seigneur vient à notre rencontre dans une amoureuse fragilité. […] Dans le Pain Vivant, le Seigneur vient nous visiter, se faisant humble nourriture qui guérit avec amour notre mémoire, malade de frénésie. Car l’Eucharistie est le mémorial de l’amour de Dieu. […] Dans l’Eucharistie se trouve tout le goût des paroles et des gestes de Jésus, la saveur de sa Pâques, le parfum de son Esprit. En la recevant, la certitude d’être aimé par lui s’imprime dans notre cœur. » Ainsi, pour le pape :

« L’Eucharistie forme en nous une mémoire reconnaissante, parce que nous nous reconnaissons enfants aimés du Père et rassasiés par lui. Une mémoire libre, car l’amour de Jésus, son pardon, guérit les blessures du passé et pacifie le souvenir des torts subis et infligés ; une mémoire patiente, car dans les adversités nous savons que l’Esprit de Jésus demeure en nous. L’Eucharistie nous encourage : même sur le chemin le plus accidenté nous ne sommes pas seuls, le Seigneur ne nous oublie pas et il nous redonne des forces avec amour chaque fois que nous allons à lui. »

Cette présence réelle de Jésus dans l’hostie consacrée par le prêtre est la manière qu’a le Seigneur de tenir sa promesse : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde » (Mt, 28). Oui, il est Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu présent pour nous chaque jour dans le tabernacle. Il nous aime. La solennité du Sacré Cœur que nous célébrons aujourd’hui nous le rappelle encore : le cœur de Jésus a été transpercé pour chacun de nous, pour qu’à travers ses blessures nous trouvions la guérison, la liberté, la vie et la vie en abondance…

Et si, à l’occasion de ces deux solennités, nous nous rappelions de quel amour nous sommes aimés ? Et si nous nous rappelions notre dignité d’Enfant de Dieu ? Et si nous répondions à son amour ?

SOUVIENS-TOI !

Vous pouvez retrouver ici le texte intégral de l’homélie du Pape François. Nous vous souhaitons une bonne lecture.