Mère Teresa : la sainte parfaite pour l’année de la Miséricorde

Ce dimanche 4 septembre 2016, le pape François a canonisé Mère Teresa de Calcutta à Rome. Anjezë Gonxhe Bojaxhiu nait en 1910 à Skopje en Macédoine. A 18 ans, elle s’engage dans l’ordre missionnaire des sœurs de Notre-Dame de Lorette et, après un séjour en Irlande, elle part à Calcutta où elle prononce ses vœux temporaires à 31 ans, prenant le nom de Sœur Mary Teresa. Elle se place ainsi sous le patronage de Sainte Thérèse de Lisieux qui voulait vivre « tout par amour ». Elle fait sa profession solennelle en 1937. Elle enseigne alors à des enfants indiens et devient directrice des études à Sainte-Marie, une école réservée aux classes sociales supérieures de Calcutta. Pourtant elle consacre une partie de son temps aux bidonvilles où elle console les démunis et les malades. Le 10 septembre 1946, au cours d’un voyage en train, alors qu’elle essayait de trouver le sommeil, elle reçoit ce qu’elle nomme « l’appel dans l’appel ». Elle raconte cette expérience forte et intime avec ces mots :

« Soudain, j’entendis avec certitude la voix de Dieu. Le message était clair : je devais sortir du couvent et aider les pauvres en vivant avec eux. C’était un ordre, un devoir, une certitude. Je savais ce que je devais faire mais je ne savais comment. »

Elle demande donc l’autorisation de pouvoir quitter sa communauté pour répondre à cet appel. Elle reçoit cette autorisation deux ans plus tard, en 1948, et quitte les sœurs de Lorette avec seulement 5 roupies en poche. Rapidement, elle est rejointe par d’anciennes élèves et en 1950 l’archevêque lui demande d’écrire une règle religieuse, ce qu’elle fait en une nuit. Elle choisit le nom de « missionnaire de la charité », car elle veut répandre l’amour de Dieu. Pendant plus de 40 ans, elle va consacrer sa vie aux pauvres, aux malades, aux laissés pour compte et aux mourants, d’abord en Inde puis dans d’autres pays, et elle guide le développement des Missionnaires de la Charité. En 1979, elle reçoit le prix Nobel de la Paix qu’elle accepte « au nom des pauvres ». Elle ne reniera pas ses engagements en se battant pour protéger la vie, de la naissance à la mort, et en luttant contre le matérialisme et l’égoïsme qui sont à la racine de la pauvreté. Elle meurt le 5 septembre 1997. A sa mort, les sœurs de Mère Teresa étaient au nombre d’environ 4000 et étaient établies dans 610 fondations réparties dans 123 pays du monde. Elle est béatifiée le 19 octobre 2003 par le pape Jean Paul II (qui l’avait rencontrée) et canonisée aujourd’hui, le 4 septembre 2016 par le pape François. Sa fête est fixée au 5 septembre, jour de son « entrée dans la Vie ».

papeFrancoisDans son homélie pour sa canonisation, le Saint Père a expliqué que « Mère Teresa, tout au long de son existence, a été une généreuse dispensatrice de la miséricorde divine, en se rendant disponible à travers l’accueil et la défense de la vie humaine. […] La miséricorde a été pour elle le ‘‘sel’’ qui donnait de la saveur à chacune de ses œuvres, et la ‘‘lumière’’ qui éclairait les ténèbres de ceux qui n’avaient même plus de larmes pour pleurer leur pauvreté et leur souffrance. » Il a aussi relevé que « sa mission dans les périphéries des villes et dans les périphéries existentielles perdure de nos jours comme un témoignage éloquent de la proximité de Dieu aux pauvres parmi les pauvres. » Enfin, il a conclu son intervention par ces mots qui reflètent bien l’âme de Mère Teresa :

« Je crois qu’il nous sera un peu difficile de l’appeler sainte Teresa ; sa sainteté nous est si proche, si tendre et si féconde que spontanément nous continuerons de lui dire : ‘‘Mère Teresa’’. Que cet infatigable artisan de miséricorde nous aide à comprendre toujours mieux que notre unique critère d’action est l’amour gratuit, libre de toute idéologie et de tout lien et offert à tous sans distinction de langue, de culture, de race ou de religion. Mère Teresa aimait dire : « Je ne parle peut-être pas leur langue, mais je peux sourire ».

Mère Teresa est donc « la sainte parfaite pour l’année de la miséricorde » comme l’a dit le postulateur de la cause, le père Brian Kolodiejchuk. Et il a ajouté, en écho au Pape François :

« Mère Teresa est une sainte pour tout le monde, pour les pauvres et les riches, et pour notre temps, dévasté par tant de violence et d’aridité du cœur ».

Vous pouvez trouver de plus amples détails sur Mère Teresa et sa canonisation en suivant ces liens :

– Une courte biographie de Mère Teresa ainsi que d’autres liens intéressants : [1]
– Une biographie détaillée : [2]
– Les 10 plus belles prières de Mère Teresa : [3]
– Conférence de presse du Vatican sur la canonisation : [4]
– Homélie du Pape François pour la canonisation : [5]
– Audience jubilaire spéciale du 3 Septembre 2016 : [6]
– Intervention du Pape pour le congrès 2016 de l’agence AsiaNews : [7]
– La nuit de la foi de Mère Teresa : [8]
– La messe de la canonisation : [9]

« Ce n’est pas combien nous faisons, mais combien d’amour nous mettons dans ce que nous faisons. » (Mère Teresa)