Homélie pour l’Assomption : retrouver le chemin du Ciel avec Marie

Hier, nous avons célébré la solennité de l’Assomption de la Vierge Marie. Elle fait mémoire de l’entrée de la Vierge Marie au ciel, corps et âme. Vous pouvez trouver ici plus d’informations sur cette fête. Dans cet article, nous vous proposons de retrouver l’homélie prononcée par fr. François-Xavier à cette occasion.

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Marie, une femme active, toujours en route.
« Marie se met en route », nous dit saint Luc dans l’Évangile que nous avons écouté. Après l’Annonciation, elle part visiter Élisabeth. Elle est en route à Bethléem pour nous inviter à contempler Jésus, l’Enfant, le Verbe Incarné. Elle est en route à Cana pour nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Elle est en route aussi sur le chemin du Calvaire, et, au pied de la Croix, elle nous aide à tenir debout. Elle est en route également pour nous montrer la voie du Ciel. C’est le sens de la fête d’aujourd’hui : l’Assomption. Marie nous montre le chemin. Elle nous indique notre destinée définitive : le Ciel. Et qu’est-ce-que le ciel, sinon un état où l’on est avec Dieu à jamais, dans une parfaite communion d’amour.

Notre vie, un combat victorieux.
Et souvent, hélas, nous vivons, nous travaillons, nous aimons, nous luttons, mais pour quoi ? En vue de quoi ? Nous oublions l’orientation de notre vie, notre destinée définitive. Et nous l’avons écouté dans la première lecture de l’Apocalypse, la vie de l’homme est un combat : depuis la naissance jusqu’à la mort. Notre vie est une lutte parfois intérieure et personnelle, parfois aussi extérieure. Elle peut alors se manifester dans la vie familiale, professionnelle, ecclésiale, sociale, … Ces luttes que nous devons mener ne doivent pas nous surprendre. L’extrait du livre de l’Apocalypse que nous avons lu nous l’explique clairement : il y a le Bien et le Mal, la Vie (un enfant qui doit naître) et la mort (le dragon rouge-feu). Et nous devons combattre. Mais, dans ce combat, nous ne sommes pas seuls. L’Esprit de Dieu nous fortifie. Et la Vie l’emporte toujours. C’est ce que nous montre l’Évangile de la Visitation, ce beau texte de Saint Luc que nous venons de proclamer et qu’il est important de méditer.

La Visitation, une rencontre placée sous le signe de la bénédiction.
Dans cet Évangile, Marie visite Élisabeth. La Visitation, c’est une rencontre entre deux femmes, toutes deux enceintes, la première de Jésus, la seconde de Jean-Baptiste. Elles échangent des paroles profondes : « Tu es bénie entre toutes les femmes », « Le fruit de tes entrailles est béni » dit Élisabeth à Marie. Dans ces paroles, il y a bénédiction et donc fécondité. Il y a aussi beaucoup d’amour et de liberté dans la communication entre ces deux femmes qui célèbrent la Vie. Nous aussi, nous vivons dans notre vie des Visitations. Oui, le Seigneur nous visite, même si c’est, peut-être, d’une manière plus discrète, presque à notre insu. Et Il nous invite à la bénédiction qui est source de fécondité.

Le Magnificat, une prière pour élever notre regard et entrer dans l’action de grâce.
La Visitation se termine avec le Magnificat, cette belle prière d’action de grâce de Marie. Dans la sagesse et la pédagogie de l’Église, il est chanté tous les jours, à l’office du soir. Chaque jour donc, en fin de journée, l’Église reprend les mots de Marie pour remercier Dieu et lui dire son « magnificat ». Pourquoi ? Parce que cette prière nous permet d’entrer dans la dimension de la reconnaissance. Elle nous rappelle la présence de Dieu et sa fidélité dans notre vie. Certes, tout au long de notre journée, nous vivons, nous combattons, nous aimons, peut-être aussi nous tombons. Mais à la fin, nous nous tournons vers le Seigneur et nous lui disons : « merci », « magnificat ».
Dans le Magnificat, je voudrais souligner quelques phrases. Voici la première : « Le Puissant fit pour moi des merveilles ! ». Quand nous regardons notre vie et notre monde, nous sommes tentés de regarder vers le bas et de voir, non pas l’action de Dieu mais celle des hommes. Et si nous restons centrés sur cette dernière, nous pouvons avoir peur, voire même être déstabilisés et sombrer dans la violence. Le cantique du Magnificat nous invite à changer la direction de notre regard et à l’orienter pour contempler l’œuvre de Dieu. Oui, «  le Puissant fit pour moi des merveilles ». Marie nous invite à regarder l’action de Dieu dans nos vies, à élever notre regard vers le ciel. Parce que Dieu passe, il nous visite, nous l’avons déjà vu. Saint Jean dans son Évangile nous le rappelle : « Mon Père est toujours à l’œuvre » (cf. Jn 5). Alors, voyons-nous Dieu à l’œuvre dans nos vies ? Parce que, souvent, le Seigneur reste à la périphérie de notre vie humaine et de notre vie spirituelle. Pourtant, nous avons la vie, la santé, la joie d’avoir une famille, … Tout cela est un cadeau du Seigneur pour nous. Et il ne suffit pas de voir son œuvre! Il faut aussi célébrer sa présence, sa puissance, son action dans notre vie. Oui, il est important de remercier le Seigneur pour tout ce qu’Il fait en nous et chez les autres. Pourquoi ? Quand nous disons « merci », nous entrons dans la reconnaissance et l’action de grâce, et notre cœur se dilate, alors que, si nous restons concentrés uniquement sur l’action des hommes, il se rétrécit. De même, si nous élevons notre regard et contemplons l’œuvre de Dieu, notre cœur s’élargit. Alors seulement, nous pouvons découvrir et célébrer sa fidélité dans notre vie.
« Il relève Israël, son serviteur. Il se souvient de son amour ». C’est la seconde phrase que je voudrais souligner. Oui, le Seigneur nous relève malgré les difficultés, les douleurs, et les violences de la vie. Il nous donne une parole d’espérance, une parole de vie. Je voudrais insister : « Il se souvient de son amour ». Lorsque nous souffrons, souvent, nous avons tendance à penser que Dieu disparaît : « Où est-il quand je souffre, quand je vis mon chemin de croix ? A-t-il disparu ? ». Non, le Seigneur est fidèle : « Il se souvient de son amour », mais pour le voir, nous avons besoin de la foi et de la confiance. Notre Dieu n’est pas immobile, il agit et il fait des merveilles.

L’Assomption, une fête pour retrouver le chemin du Ciel.
Nous vivons aujourd’hui un déficit de vision et de contemplation de ce Dieu qui agit. Demandons donc au Seigneur d’augmenter notre foi pour que nous puissions contempler le Puissant faire des merveilles dans notre vie, et que, les ayant vues, nous puissions entrer dans la logique et le mouvement du Magnificat à la suite de Marie. Il faut être réaliste : nous aurons toujours à traverser des moments difficiles : nous vivons notre pèlerinage terrestre, et le combat en fait partie. Nous devons muscler notre vie intérieure. Mais nous savons aussi que notre destinée définitive est de vivre auprès de Dieu, en communion avec Lui. Marie, dans cette fête de l’Assomption, nous montre le chemin à suivre. Que nous puissions dire avec elle nous aussi : « Mon âme exalte le Seigneur, exulte mon esprit en Dieu mon sauveur, parce que Dieu s’est penché sur moi, son humble serviteur ».