Attentat de Saint Etienne de Rouvray : rassemblement interreligieux en la cathédrale de Narbonne

A la suite de l’attentat de Saint Étienne de Rouvray qui a coûté la vie au Père Jacques Hamel, un rassemblement interreligieux a eu lieu hier en la cathédrale Saint Just – Saint Pasteur de Narbonne.

RassemblementInterreligieux

Rassemblement interreligieux en la cathédrale de Narbonne (30 Juillet 2016).

Après le mot d’accueil du Père Olivier Escaffit et l’introduction de M. Christophe Cabrier, Président du Groupe Interreligieux pour la Paix – Aude (GIP11), différents représentants responsables religieux de la ville se sont relayés au micro pour rappeler que les religions sont sources de paix et non de conflit, d’unité et de non de séparation. Elles ne sauraient servir de prétexte à des attentats terroristes. Nous reproduisons ici l’intervention du vicaire épiscopal, fr. François-Xavier Bustillo.

J’adhère totalement au communiqué de notre groupe interreligieux. J’ajoute une réflexion par rapport à l’acte de violence et de cruauté ritualisés qui a coûté la vie à un prêtre.

L’âge des fanatiques (19 ans) et l’âge de la victime (86 ans) ne me laissent pas indifférent.  Je sens un appel à ma responsabilité de guide spirituel. Deux jeunes qui sortent de l’adolescence commettent un acte cruel et irréparable : priver un être de la vie. Comment arrivent-ils à un tel acte ? Je me pose la question de l’éducation, de la famille, de l’école, du travail, de l’accompagnement spirituel, … Une société civilisée ne peut pas être indifférente à la dimension spirituelle de l’homme. Autrement, l’homme devient un prédateur sans foi ni loi, un être barbare. Nos jeunes reçoivent souvent des valeurs molles et  éphémères. Nous vivons dans une société d’hyper communication virtuelle qui atrophie la vie relationnelle. L’autre est perçu sous un mode binaire, allié ou ennemi, sans recherche d’altérité.

En tant que responsable religieux, il me semble urgent de former les enfants et les jeunes au goût de la vie, au sens de la vie, au but de la vie. Les former à l’espérance, au respect. Jésus prêche l’amour, un amour plus fort que la mort. Notre civilisation blessée ne doit pas se contenter de constater les failles sociales. Nous devons agir, chacun selon sa responsabilité, pour bâtir une civilisation de l’amour et de l’espérance. Sans un but heureux, sans des modèles d’hommes et de femmes solides et de communion, nos jeunes chercheront des paradis virtuels mortifères.

Je conclus avec la prière de Saint François : « Seigneur fais de moi, un instrument de ta paix, là où il y a la haine que je mette l’amour ; là où est la discorde que je mette l’union. »

Le rassemblement s’est clôt sur un temps de recueillement à la suite duquel les participants ont été invités à se serrer la main, en signe de fraternité. Cet événement a également été couvert par la presse locale : voir ici.

Enfin, cet attentat ayant eu lieu en pleine année jubilaire, nous vous proposons d’écouter et de méditer cet enseignement du Père Matthieu Villemot, prêtre du diocèse de Paris, sur le thème « La miséricorde comme arme contre le terrorisme ? ». Cet enseignement, très accessible, a été donné dans le cadre des « Jeudis théologie » du Collège des Bernardins. Il nous rappelle que la paix commence avec notre propre conversion. De plus amples informations sur l’intervenant sont disponibles ici.