Le Carême : de l’égoïsme qui se sert à l’amour qui sert!

Comme chaque année, nous entrons dans le temps de Carême, ce temps liturgique si particulier qui nous prépare à cette joie de Pâques que nous ne savons ni croire, ni dire. Nous vous proposons de revenir sur l’homélie que le pape François a prononcée pour le mercredi des cendres. Celle-ci est centrée sur deux invitations que la Parole de Dieu nous a adressées à l’occasion de cette entrée en Carême.

chapfam63La première est celle de Saint Paul : « Nous vous le demandons au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu ! ». Le pape s’interroge alors sur la raison pour laquelle l’apôtre lance un « appel aussi solennel et vibrant. » Et il explique : « Parce que le Christ sait combien notre cœur est blessé par le mal et combien nous avons besoin de pardon ». Ainsi, pour le Saint Père, il ne s’agit pas tant de « faire quelque chose » mais « de permettre à Dieu de nous pardonner ». Approfondissant sa méditation, le pape pointe les « obstacles qui ferment la porte de notre cœur » :
– « la tentation de blinder les portes », c’est-à-dire « de cohabiter avec son péché, en le minimisant, en se justifiant toujours, en pensant ne pas être pire que les autres.» ;
– « la honte d’ouvrir la porte », car, si « la honte est un bon symptôme parce qu’elle indique que nous voulons nous détacher du mal, elle ne doit jamais se transformer en crainte ou en peur. »
« la tentation de s’éloigner de la porte », c’est-à-dire de « se cloitrer dans nos misères, de ruminer continuellement les choses négatives » pour « devenir des familiers de la tristesse, du découragement. […] Nous restons alors seuls avec nous-mêmes, nous enfermant et fuyant la lumière, alors que seule la grâce de Dieu nous libère ».

FilsProdigueLa seconde invitation est celle du prophète Joël : « Revenez à moi de tout votre cœur ». Et le pape de commenter : « S’il faut revenir, c’est parce que nous nous sommes éloignés. C’est le mystère du péché : nous nous sommes éloignés ‘de Dieu, des autres et de nous-mêmes’. » Le Saint Père  propose alors trois remèdes contre le péché :
la prière, antidote de la suffisance, qui permet de « rencontrer personnellement le Seigneur et qui raccourcit les distances crées par le péché » ;
la charité qui « permet de dépasser le manque d’intérêt pour les autres » et de « vivre le service » pour « vaincre la tentation de se satisfaire » ;
le jeûne qui est « une invitation à la simplicité et au partage » pour « nous libérer des dépendances » et « nous entrainer à être plus sensibles et miséricordieux ».

Et le pape conclut par ces mots :

« Jésus nous appelle à vivre la prière, la charité et la pénitence avec cohérence et authenticité, en surmontant l’hypocrisie. Que le carême soit un temps pour élaguer la fausseté, la mondanité, l’indifférence […] pour retrouver notre identité chrétienne, c’est-à-dire l’amour qui sert et non l’égoïsme qui se sert. »

Le texte intégral de l’homélie du Pape François pour le mercredi des cendres est accessible ici. Pour aller plus loin, nous vous proposons de consulter le message du logo-jubilepape François pour le Carême ici, ainsi qu’une méditation du mercredi des Cendres . Nous vous rappelons aussi que le Pape François souhaite que « le Carême de cette Année Jubilaire soit vécu plus intensément comme un temps fort pour célébrer et expérimenter la miséricorde de Dieu » (Misericordiae vultus, n. 17). Nous ne saurions donc trop vous encourager à vous rapprocher du sacrement de la réconciliation (de plus amples informations ici) et à consulter notre page spéciale sur le jubilé de la miséricorde . Enfin, un portrait-robot du confesseur idéal est dressé ici.