Le pape à l’ONU : le sens plénier de la vie se révèle dans le service des autres

Le pape s’est adressé à la 70e Assemblée des Nations unies à New York, ce vendredi 25 septembre 2015. Dans son discours, il a d’abord rendu hommage à l’action de l’ONU, avant de dresser un diagnostic sans concession de la situation difficile dans laquelle se trouve plongé notre monde. Il a ainsi pointé « deux secteurs intimement liés entre eux et qui sont victimes d’un mauvais exercice du pouvoir : l’environnement naturel et l’exclusion économique et sociale ». Pour le pape en effet, « l’abus et la destruction de l’environnement sont en même temps accompagnés par un processus implacable d’exclusion car la soif égoïste et illimitée de pouvoir et de bien-être matériel conduit autant à abuser des ressources matérielles disponibles qu’à exclure les faibles et les personnes ayant moins de capacités ». Et il insiste :

« L’exclusion économique et sociale est une négation totale de la fraternité humaine et une très grave atteinte aux droits humains et à l’environnement. Les plus pauvres sont ceux qui souffrent le plus de ces atteintes : ils sont marginalisés par la société, ils sont en même temps obligés de vivre des restes, et ils doivent subir injustement les conséquences des abus sur l’environnement. »

Et il appelle les gouvernants à « ne pas oublier que l’action politique et économique est efficace seulement lorsqu’on l’entend comme une activité prudentielle, guidée par un concept immuable de justice, et qui ne perd jamais de vue, qu’avant et au-delà des plans comme des programmes il y a des femmes et des hommes concrets, égaux aux gouvernants, qui vivent, luttent et souffrent, et qui bien des fois se voient obligés de vivre dans la misère, privés de tout droit. » Il les exhorte à prendre des mesures concrètes et à « faire tout leur possible afin que tous puissent avoir les conditions matérielles et spirituelles minimum pour exercer leur dignité. » Le pape développe sa pensée :

« Ce minimum absolu a, sur le plan matériel, trois noms : toit, travail et terre ; et un nom sur le plan spirituel : la liberté de pensée, qui comprend la liberté religieuse, le droit à l’éducation et les autres droits civiques. […] Ces piliers du développement humain intégral ont un fondement commun, qui est le droit à la vie. »

Il a également dénoncé un second fléau, la guerre. Pour lui, « la guerre est la négation de tous les droits et une agression dramatique contre l’environnement. Si l’on veut un vrai développement humain intégral pour tous, on doit poursuivre inlassablement l’effort pour éviter la guerre entre les nations et entre les peuples. » Il a ainsi appelé à mettre fin à la « prolifération des armes de destruction massive », car « une éthique et un droit fondés sur la menace de destruction mutuelle constituent une manipulation de toute la construction des Nations Unies, qui finiraient par être « Nations unies par la peur et la méfiance » ». Il a aussi « réitéré ses appels » pour que des solutions concrètes soient trouvées pour mettre fin au calvaire des populations confrontées à la guerre (Moyen Orient, Afrique, …), rappelant que :

« Dans les guerres et les conflits, il y a des êtres humains concrets, des frères et des sœurs qui sont nôtres, des hommes et des femmes, des jeunes et des personnes âgées, des enfants qui pleurent, souffrent et meurent, des êtres humains transformés en objet, mis au rebut, alors qu’on ne fait que s’évertuer à énumérer des problèmes, des stratégies et des discussions. »

Le pape a donc posé un diagnostic clair et sans concession des problèmes auxquels est confronté notre monde et a exposé ses recommandations. Il a conclu son discours par ces mots :

« La maison commune de tous les hommes doit continuer de s’élever sur une juste compréhension de la fraternité universelle, sur le respect de la sacralité de chaque vie humaine, ainsi que sur la compréhension d’une certaine sacralité de la nature créée. Cette compréhension et ce respect exigent un niveau supérieur de sagesse, qui accepte la transcendance, renonce à la construction d’une élite toute puissante, et comprenne que le sens plénier de la vie individuelle et collective se révèle dans le service dévoué des autres et dans la prudente et respectueuse utilisation de la création, pour le bien commun. »

Le texte intégral du discours du pape à l’ONU est accessible ici. Les différentes allocutions que le Pape a prononcées à l’occasion de son voyage apostolique à Cuba et aux États-Unis peuvent être consultées directement sur le site du Vatican en suivant ce lien. Vous pouvez aussi revivre ce voyage en photos ici.

 

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