Première prédication de Carême : la joie de l’Évangile remplit le cœur!

Le prédicateur de la Maison Pontificale, le Père Cantalamessa, ofm cap., a proposé ce 27 février 2015 sa première méditation de Carême. Cette année, les méditations portent sur le thème « Deux poumons, une seule respiration. Orient et Occident unis dans la profession de la même foi ». Pour sa première prédication, le P. Cantalamessa s’est appuyé sur l’exhortation apostolique Evangelii gaudium (la joie de l’Évangile)  du pape François, et a axé sa réflexion sur le thème  « La joie de l’Évangile remplit le cœur et la vie ». Il développe différents aspects.

Tout d’abord, le P. Cantalamessa rappelle que l’évangélisation est l’affaire de tous les baptisés et revient sur « l’appel lancé par le Pape François aux lecteurs au début de son exhortation apostolique » :

« J’invite chaque chrétien, en quelque lieu et situation où il se trouve, à renouveler aujourd’hui même sa rencontre personnelle avec Jésus Christ ou, au moins, à prendre la décision de se laisser rencontrer par lui, de le chercher chaque jour sans cesse. »

Pour lui, en effet, cet appel représente l’originalité d’Evangelii Gaudium, car cela signifie que « le but ultime de l’évangélisation ne repose pas sur la transmission d’une doctrine, mais sur la rencontre avec une personne vivante, Jésus Christ. » Ensuite, le P. Cantalamessa rappelle qu’il y a « un lien entre la rencontre personnelle avec Jésus et l’expérience de joie de l’Évangile. La joie de l’Évangile ne s’expérimente qu’en établissant une relation intime, de personne à personne, avec Jésus de Nazareth. » Et il s’interroge : « pourquoi l’Évangile serait-il source de joie ? ». Pour répondre à cette question, il reprend les paroles de Jésus : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile » (Mc, 1, 14-15). Pour le P. Cantalamessa, il faut revenir au sens premier de ces paroles. Et il explique : « Avant Jésus, la conversion est vue comme une condition pour gagner le salut. […] Mais dans la bouche de Jésus, la signification morale passe en second plan. […] Se convertir c’est prendre la « décision de l’heure », face à la réalisation des promesses de Dieu. « Convertissez-vous et croyez » n’indique donc pas deux choses différentes et successives, mais la même action : convertissez-vous, c’est-à-dire croyez; convertissez-vous en croyant ! Conversion et salut se sont échangés les places. Ce n’est plus : « Convertissez-vous et vous serez sauvés », mais plutôt : « Convertissez-vous parce que le salut est venu à vous ». » Ainsi, pour le P.Joie-de-l-Evangile Cantalamessa la raison pour laquelle l’Évangile est source de joie c’est qu’Il « nous parle d’un Dieu qui, par pure grâce, est venu à notre rencontre en son Fils Jésus. » Bien sûr, cela ne signifie pas pour autant que « nous devions négliger les œuvres » car  « s’il est vrai que nous ne serons pas justifiés par elles, nous ne serons pas sauvés sans elles ». Le P. Cantalamessa relève alors que « le croyant n’est pas laissé seul aux prises avec les exigences de la loi et du devoir ; car Dieu lui-même fait en lui et avec lui ce qu’Il lui ordonne. »

Pour terminer, citant le pape François, le P. Cantalamessa explique le lien étroit entre la foi et les œuvres en reprenant l’exemple de la respiration humaine :

« Elle se produit en deux temps : d’abord l’inspiration qui permet de recevoir l’air, puis l’expiration qui permet de l’expulser. C’est ce qui doit se passer dans l’organisme spirituel. Nous inspirons l’oxygène qui est l’Esprit Saint en priant, en méditant la parole de Dieu, par les sacrements, la mortification, le silence ; nous répandons l’Esprit quand nous allons vers les autres, quand nous annonçons la foi et faisons œuvre de charité. »

Deux belles pistes pour bien débuter ce Carême !

Le texte intégral de la prédication est accessible ici.