Deuxième prédication de l’Avent : en toutes choses, la charité

Le P. Cantalamessa a donné sa deuxième prédication de l’Avent ce vendredi 12 décembre 2014 sur le thème « Heureux les artisans de paix car ils seront appelés Fils de Dieu » (Mt 5, 9). Dans cette prédication, il a proposé a proposé une « réflexion sur la paix comme devoir et engagement à accomplir ». Partant de l’extrait de l’Évangile cité plus haut, le P. Cantalamessa a tout d’abord rappelé que « nous sommes appelés à suivre l’exemple du Christ, en devenant des canaux qui fassent arriver la paix de Dieu jusqu’à nos frères. » Pour lui, « les artisans de paix sont des personnes qui œuvrent pour la paix, qui aident des ennemis à se réconcilier et qui font, eux-mêmes, le premier pas pour se réconcilier. »  Il développe ensuite sa pensée selon trois axes.

Le premier est consacré à une comparaison approfondie entre la paix de Jésus et celle de César Auguste. D’après le P. Cantalamessa, la différence est fondamentale. Il remarque que « la paix de Jésus, comme celle de César, est une « paix fruit de victoires », mais il s’agit de victoires sur soi et non sur les autres, de victoires spirituelles, et non militaires. » Pour lui, « la situation du monde actuel réclame que l’on change la méthode d’Auguste par celle du Christ ». Et il donne une piste très simple pour devenir artisan de paix : « prier pour la paix », car « quand il n’est plus possible d’agir sur les « causes secondes », nous pouvons toujours, par la prière, « agir sur la Cause Première ». »

StFrancoisPaxLe second axe développé concerne la paix entre les religions, « un nouveau champ de travail, difficile et urgent ». Différentes raisons permettent d’envisager un «  dialogue inter-religieux  loyal  » : la première repose sur « le fait que nous avons tous un seul Dieu ». La deuxième, d’ordre théologique, s’appuie sur notre foi en l’Esprit saint car ce dernier  « est le lien de paix qui unit entre eux les baptisés des différentes confessions chrétiennes ; de plus, comme Esprit créateur, il est un lien de paix entre les croyants de toutes les religions, voire entre tous les hommes de bonne volonté. »

Le dernier aspect concerne l’action pour la paix proprement dite. Pour le P. Cantalamessa, « il faut penser à la paix mondiale, mais agir pour la paix au niveau local. ». Nous devons travailler à gommer les « divisions qui existent souvent entre les membres de notre Église catholique, à cause de traditions, tendances ou rites différents ». Il rappelle alors Saint Augustin : « Il existe deux cités dans le monde : la cité de Satan, appelée Babylone, et la cité de Dieu, appelée Jérusalem. L’une est construite sur l’amour de soi, l’autre sur l’amour de Dieu. » Ainsi, pour le P. Cantalamessa, «  toute initiative est « Babel » si l’on s’en sert pour se faire un nom ; elle est « Pentecôte » si, en dépit du sentiment naturel de réussir et de recevoir une approbation, on rectifie constamment sa propre intention, en plaçant la gloire de Dieu et le bien de l’Église au-dessus de tous ses désirs personnels. » Et il conclut par cette maxime :

« Dans les choses nécessaires, l’unité ; dans les choses douteuses, la liberté ; mais en toutes choses, la charité. »

Le texte intégral de cette prédication est accessible ici.

Bonne méditation et bonne route de l’Avent !